des Bénédictins aux Augustins dans la ville de Nice mai 1 2012
Infos : , ajouter un commentaireBien longtemps avant que Louis XIV ne rase l’enceinte qui enfermait Nice sur la droite du Paillon, les moines bénédictins étaient installés sur la rive droite du Paillon, là même où aujourd’hui est l’hôpital Pasteur. L’église est toujours là, et l’ancien monastère fait office aujourd’hui d’hôpital psychiatrique…Les moines se seraient installés sur l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à St Pons aux alentours du VIIIème siècle, et puis y auraient prospéré au tournant du siècle grâce aux dons des seigneurs locaux qui s’offraient ainsi un passe pour le paradis. Les bénédictins donc, possédaient plus de la moitié du comté de Nice, et étaient plus puissants qu’aucun autre seigneur du comté. Ce sont eux qui créent la cathédrale Ste Réparate à Nice au XIIème siècle. C’est sur le parvis du monastère, au milieu des oliviers, que Nice signe le traité de dédition à la Savoie avec le comte Amédée VII en 1388. Vers le XIIIème siècle, il y a le nouvel ordre des moines mendiants de St Augustin qui vient faire pendant à la richesse déplacée des bénédictins. A Nice, ils s’installent sur les bords du Paillon, jusqu’à ce que leur modeste couvent soit emporté par une crue. La ville leur donne un emplacement plus sûr, c’est la petite église St Martin qui leur échoue, sur les pentes du château, et à laquelle ils adjoindront leur couvent. Il ne reste pas grand-chose des églises d’origine, si ce n’est le lieu, qui se transfère d’âge en âge, et des églises reconstruites l’une sur l’autre comme des pelures d’oignon, avec à Nice le style bien reconnaissable et typé du baroque piémontais, puisque Nice depuis 1388 faisait parti du royaume de Savoie, et que toute sa vie culturelle et religieuse et artistique en était totalement imprégnée. Il reste les grandes bâtisses comme des points d’interrogation des signes de communautés, ici et là, muettes, aujourd’hui donc, moines de St Pons, moines augustins. Le très célèbre Lycée Masséna était lui-même le couvent de St Jean Baptiste, le nouveau couvent des augustins construit au XVIIIème.
L’art byzantin, Charlemagne et St Benoit sur Loire avril 30 2012
Infos : , ajouter un commentaireQuelle surprise de découvrir que la petite église de Germigny-des-Prés est d’origine byzantine elle aussi. C’est un souvenir d’enfance, une idée toute particulière que j’ai du roman, faite de rondeurs et de tendresse et du charme d’une ballade de village. Et voilà que j’apprends que la petite église de St Benoit sur Loire est l’unique exemple d’une église byzantine en France. Il y a bien longtemps que je n‘y suis allée car je ne me souviens pas de cette magnifique fresque en or et couleurs qui est très byzantine s’il en faut ! Encore une fois le présent collapse le passé. Et les lieux se catapultent. Quel rapport peut-il bien y a voir entre une petite commune non loin de Jargeau, là où est né mon père, et le lointain empire de Byzance ?! Se peut-il qu’un jour, ces deux mondes si totalement hermétiques l’un à l’autre aujourd’hui, aient été proches ? Byzance, Istanbul, la Ville. Un nom lointain, étranger, inhospitalier, pour les habitants du village d’aujourd’hui. Il y eut un temps où des architectes et des ouvriers sont venus ici pour construire ce bijou. Peut-être les artisans ont-ils été formés sur place. Et l’architecte serait peut-être le même que celui qui a construit le palais de Aix-la-Chapelle, l’architecte de Charlemagne, dans une architecture librement inspirée de celle de l’autre empire, Byzance. Peut-être même le plan a-t-il été directement conçu et ramené par un architecte byzantin. Le père Théodulfe, maître des lieux, était un esprit éclairé de l’époque, un proche de Charlemagne et de sa cour où il passait une grande partie de son temps. Ceci sans doute explique cela. Un homme a changé le monde. Un homme a été l’abeille qui est venue instiller un peu de byzantin sur le territoire le plus reculé et chauvin qui soit. Une chaîne d’hommes derrière lui. Des puissants qui jouent le rôle de canaux où les nouvelles idées circulent se rencontrent se propagent, des artistes des intellectuels qui les entourent qui les servent, des artisans qui dans leurs mains propagent le savoir faire, l’histoire, le long acquis transmis par les générations. Une longue traînée d’influences et d’osmoses venues de la lointaine Byzance et qui s’est infiltrée dans les veines du monde. Jusqu’à ce très improbable et lointain témoignage du centre de la France.
Byzance où es-tu avril 21 2012
Infos : , ajouter un commentaireByzance créée au septième siècle avant JC comme une colonie de Mégare, elle est sous la domination d’Athènes ou de Sparte depuis ses débuts connus. Elle est bien grecque d’origine donc, autant qu’on puisse le dire, comme le revendique si hautement aujourd’hui encore les grecs. Côté Europe, pas de l’autre côté de l’isthme. La beauté de la situation vient de cette incroyable position de sentinelle, de passerelle, sur le Pont-Euxin. Sa richesse, elle la crée dès le début de l’échange de l’huile et des olives et du vin de la méditerranée, contre des esclaves et des salaisons et de la cire et du miel et dieu sait quoi encore. Byzance a traversé les siècles, et son nom est resté, a disparu, est ressuscité, est passé dans les locutions communes, évoque des palais croulants d’or, des fêtes somptueuses, une activité débordante, le dernier lieu où il faut être, le comble de la sophistication. Byzance est passé dans le domaine de l’architecture. Bien au-delà du cercle fermé de la ville, on trouve d’adorables petites églises byzantines, une merveille d’équilibre raffiné et charmant, sans emphase ni manière, aussi joli que du roman mai avec une pointe de fantaisie ou de légèreté qui doit venir de la pureté du ciel et de l’omniprésence du soleil. Une abside octogonale à l’extérieur, et ronde à l’intérieur, des murs de briques roses, des toits de tuiles rouges, une forme qui fait penser à un rond plutôt qu’à un carré. Des petits bijoux rosés qui jonchent les villes et les campagnes en Epire. Plus grandioses mais pareillement équilibrée, l’architecture byzantine vient s’immiscer dans les églises de Venise, dans quelques absides octogonales, dans les nefs à trois pans, dans la structure de brique rose. La très belle église Santa Maria et Donato de Murano, a de cette architecture byzantine, la gracieuse légèreté de son chevet octogonal a deux étages et a doubles colonnades, avec son toit en éventail.
De Véronèse à Galliano, ou de la mode comme renaissance du XXIème siècle avril 18 2012
Infos : , ajouter un commentaireTiepolo était né au tournant du XVIIIème siècle mais il avait encore des façons du XVIème. Il fut le dernier d’une époque, et comme tous les derniers, il en a l’essence épuré et la mélancolie un peu abâtardie. C’est son fils qui m’a amené à lui. J’ai été subjuguée par son chemin de croix, trouvé au hasard d’une salle secondaire d’une église secondaire de pas qui vagabondent dans des rues secondaires. C’était des vrais visages et des vraies émotions qui transperçaient les toiles et vous collaient sur place. Bref. Tiepolo donc, le père, on l’appelait le ‘Véronèse ressuscité’. Peintre, c’était le métier d’avenir à l’époque, là où l’on poussait ses enfants, on les engageait dans des études, il y avait du travail à foison, des palais à décorer, des plafonds des parois des commandes d’église aussi. Aujourd’hui, maigre témoignage, il faut derrière une sacristie se glisser pour contempler avec vénération deux grandes toiles du Tintoret qui représentent les apôtres avec un Saint Mathieu en pied un peu grimaçant et pas du tout avenant. De Tiepolo et de sa ville natale, il n’est plus rien, dispersés décousus cassés explosés comme un puzzle entre New York Londres Paris et autres musées anthropophages. Peintre, ce n’était pas vraiment artiste. Le visiteur silencieux interroge la toile, il doit y avoir message caché qui en fait sa célébrité. Il serait bien moins respectueux s’il savait que ce n’était que décoration. Décoration que l’on a pompeusement qualifiée d’art. Art d’artisan qui a domestiqué les nouvelles techniques, le bleu de Véronèse, le rouge du Titien, les couleurs et la lumière, le mouvement du Tintoret. A moins que ce ne soit l’art de la lumière, les couleurs qui entrent dans le monde. Un mouvement du monde exprimé par les peintures. Parce que les peintures, c’était l’affaire du siècle. C’était où les riches mettaient leur argent. C’était là où aller si on voulait être riche. Comme être joueur de foot aujourd’hui. Ou créateur de mode. Il n’y avait pas plus de génies au XVIème siècle qu’il n’y en a aujourd’hui. Et pas de génie de peinture surtout. Il y avait un air du temps qui a créé le génie de l’homme. Les peintres sont éclos par foison. Là plus précisément, en Italie, à Florence, à Venise, à Rome, aux Pays Bas aussi et presque en même temps, comme d’autres fois et en d’autres lieux dans une combinaison de richesse et de moyens et d’inspiration. Tiepolo, c’était une marque de fabrique, ‘je voudrais un Tiepolo’, qu’il vienne me faire un devis pour la décoration. Il avait son design, son style, son armée de petites mains, son école. Il y avait surtout beaucoup de semblables à lui, ils se disputaient le marché ; ils étaient célèbres et talentueux, recherchés et exigeants. Le peintre n’était pas un homme unique, un génie. Quand il réussissait, il devenait une marque, et qui souvent continuait après lui, de père en fils, avec le même nom, une affaire de famille. Aujourd’hui, ce serait Gucci, Bulgari, Lagerfeld, Chanel. La peinture a fait long feu. La mode pourrait être le nouvel espace d’art, là où un homme peut inventer un style, se faire désirer des puissants, devenir un symbole, une icône.
vertige mars 31 2012
Infos : , ajouter un commentaireIl disait ‘la connaissance était au centre du monde’ . il disait;: ‘maintenant elle n’est plus’ . Il disait que maintenant, les bibliothèques pouvaient brûler, qu’elles n’étaient plus rien, que la connaissance était diffuse et partout grâce aux nouvelles technologies. Je frémissais à l’intérieur de moi ; j’aime les livres et le papier et tourner les pages et rêver autant que lire. Je pensais aux premiers livres, aux moines penchés sur leurs écritoires à recopier sans cesse, je pensais à la révolution de l’imprimerie, au livre qui s’est infiltré de partout qui a remplacé les cathédrales de pierre. Je pensais, aux hommes qu’on dit savants, ou érudits, qui ont emmagasiné tant de livres dans leur tête. Car où était la connaissance sinon dans les livres ? Il fût un temps où un homme pouvait maîtriser la connaissance du monde à lui tout seul ; un Léonard de Vinci maîtrisait totalement le périmètre du monde dans lequel il vivait. Le monde s’est agrandi, est devenu global. Les connaissances ont foisonné. Chacun ne connaît au mieux qu’une toute petite parcelle de connaissance, un fragment détaché du reste. A essayer d’assimiler une vue cohérente sur un thème plus large, la tête s’affole, bute, touche ses limites, perd pied. L’attention est sans cesse happée sur des évènements ponctuels, lointains, détachés, irréels. Je pensais à toutes les têtes penchées sur leur smartphone, comme s’il s’agissait d’une prothèse, aussi indissociable, aussi indispensable. Comme si enfin leur cerveau accédait à toutes les informations dont il avait besoin. Une extension de mémoire, sans doute ; de mémoire collective. Plus, bien plus. Comme s’il pouvait bénéficier de l’expérience des autres. J’aime, je n’aime pas. Une capacité de décision toute simple que lui apportent les autres. Plus, bien plus. L’accès aux connaissances des autres, aux raisonnements des autres, aux expériences des autres. Un esprit collectif, immense.
l’immortalité sur Internet février 6 2012
Infos : , ajouter un commentaireRepartie aujourd’hui lundi pour tirer mon wagon…Le succès des blogs, c’est le plaisir d’une communauté. Un peu. Pour certains. Mais les blogs privés, il y en a plein qui racontent leur vie, leurs impressions. C’est une révolution. Avant, l’individu n’existait que par ceux qui le connaissaient. De presque rien, à quelques amis, à de la mondanité pour certains. Pour les plus grands, de la notoriété. Ceux-là ils existent de par les siècles qui passent. Les autres deviennent poussière. Aujourd’hui tout un chacun peut s’étendre sur son blog. il peut se multiplier à l’infini. C’est comme si on avait donné à chacun l’immortalité. Soit dit en passant, c’est bien une immortalité virtuelle parce que personne ne meurt ni sur les blogs ni sur facebook. Personne ne vieillit non plus.
une atmosphère d’informations février 3 2012
Infos : , ajouter un commentaireOn a de plus en plus de données qui arrivent jusqu’à notre cerveau parce qu’il y a de plus en plus de véhicules pour les y amener. Il y a eu un jour la radio, il y a eu la télévision, il y a eu le téléphone, il y a eu Internet, il y a les mobiles. Ça fait tout une masse mouvante d’informations, comme une nouvelle atmosphère dans laquelle il faut apprendre à vivre. L’air du temps aussi est mouvant, il change à chaque instant, il est plein d’éléments, il fait chaud, froid, il pleut, il bouge avec nos déplacements. On n’y fait pas attention, on enregistre, on agit en fonction, naturellement, parfois on oublie de voir les signes, tellement on est habitué à vivre les yeux fermés, à se laisser guider. L’atmosphère d’informations, c’est la même chose. Il faut la laisser glisser sur soi, elle va imprimer une ou deux choses dans sa mémoire personnelle, ou plus dans la mémoire collective. Elle façonne l’inconscient collectif. L’enfant va naître dedans. Lui, il l’aura déjà dans sa connaissance innée. C’est difficile quand on a été habitué à sélectionner soigneusement l’information, à la mastiquer, à la digérer consciencieusement pour l’ajouter à sa somme particulière de connaissances. On essaie de façon infructueuse de trouver les bons endroits où chercher les bonnes informations, de trier pour ne pas être submergé, de mettre des règles là où tout est déréglé, d’organiser la génération spontanée. C’est courir après son ombre. L’apprentissage de la connaissance a changé. Il faut se laisser baigner dedans. Il faut apprendre à nager, plutôt. Il s’agit d’une mer, là où nous étions sur une route. Un professeur de français un jour nous avait dit, mélancolique, qu’autrefois, au seizième siècle, un homme comme léonard de Vinci pouvait à lui seul posséder toute la connaissance existante à ce jour, dans tous les domaines à la fois, des letres aux arts aux sciences. Elle était mélancolique car quoi de plus frustrant que de savoir ne jamais pouvoir posséder la connaissance du monde. Que dirait-elle aujourd’hui. C’est ^peut-être la fin d’un certin individualisme. C’est peut-être l’aube d’une certaine ‘humanité’, d’un certain esprit multiforme.
l homme et la connaissance février 2 2012
Infos : , ajouter un commentaireC’est le même homme il y a dix mille ans – et aujourd’hui. Ce n’est pas évident de concevoir ce qui le fait changer. A priori, s’il était remis dans les conditions initiales, il referait le même chemin. Il n’a pas changé, intrinsèquement. C’est son environnement qui a changé. Il y a eu les autres au tout début. Les autres, tout un programme. Les autres qui te font…mais lui aussi, lui tout seul, il a expérimenté, trouvé, amélioré : le hasard et la nécessité technologique. Celui d’après, il avait déjà tout ça. Une somme de connaissances qu’il pouvait emmagasiner directement. L’acquis social. Il avait déjà monté un barreau de plus sur l’échelle infinie de la connaissance. Surtout, elle faisait partie de lui. C’est fascinant qu’un morceau de connaissances acquis par une humanité globale devienne partie intégrante du soi. Greffée à l’origine pour ainsi dire. Le bébé refait en neuf mois le long parcours de l’humanité, de la cellule au poisson au lapin au petit d’homme. Tout ça dans l’utérus. Il continue dès qu’il est sorti, pendant un an, il intègre toute la surface visible et profonde de la civilisation. Après il grandira, après il y a les connaissances de ce qu’on étudie, celles qui évoluent, celles qui sont encore en gestation. La connaissance intime, la plus profonde, la plus vieille à l’échelle de l’humanité, est totalement intégrée, elle est intuitive. Elle est comprise. Inconsciemment elle sert de plateforme pour acquérir d‘autres connaissances, ou pour raisonner, ou pour interpréter. Une phrase peut être faite de mots qui peuvent vouloir dire en absolu des choses différentes, ou être groupés différemment par exemple. L’enfant qui sait lire sera capable de choisir le sens de la phrase. Parce qu’il a déjà en lui la connaissance qui lui permet de choisir parmi d’autres options celle qui a un sens. Ce qui serait intéressant serait de savoir comment les masses d’information maintenant en ligne vont changer la connaissance. Est-ce que l’homme va se retrouver brusquement sur le barreau du dessus ?
de Darwin et de la Globalisation février 1 2012
Infos : , ajouter un commentaireC’est une grande question de savoir si l’intelligence de l’humanité évolue. J’ai toujours pensé que non, puisque l’homme se retrouve toujours confronté aux mêmes questions existentielles, puisque les drames cornéliens ou l’épopée d’Ulysse ou la République de Platon sont toujours autant d’actualité. Mais…je me suis prise à penser qu’il doit exister une sorte d’intelligence collective. Ou peut-être même, que l’ordinateur pourrait être une extension de l’intelligence humaine. Rien de bien neuf, il y a longtemps qu’on parle d’intelligence artificielle. Rien de bien neuf, l’écriture a été sans doute le plus grand vecteur d’évolution de l’humanité, depuis les hittites, depuis les sumériens. On a tendance pourtant à penser à l’écriture ou à l’intelligence artificielle comme des outils qui remplacent l’homme, des facilitateurs en quelque sorte. Il se pourrait bien qu’ils soient beaucoup plus, un vecteur de la pensée, une extension sans laquelle il n’y aurait point de philosophie, une puissance de calcul sur laquelle s’appuie le progrès, ou même qui suscite le progrès. Ce serait une espèce d’immense pensée collective, qui dirige l’humanité comme notre petite pensée personnelle nous dirige dans des chemins improbables. Un enchaînement de hasards et de nécessités, mais pas génétique et ‘naturel’ à la Darwin. Des hasards et des nécessités technologiques, qui baladent le monde et l’humanité vers un futur inconnu. Un jour le bateau a emmené les hommes sur d’autres continents, a bousculé les races et créé d’autres lieux. Est venu l’avion. Rien n’est plus surprenant que dans une réunion en Chine, se retrouver dans les mêmes débats, les mêmes réactions, les mêmes raisonnements, au milieu des mêmes ‘hommes’.
Entrer en scène ou le Baroque à Cherasco janvier 5 2012
Infos : , ajouter un commentaireL’église est très belle déjà de l’extérieur, avec des colonnes qui s’empilent sur deux étages, toute de briques, surmontée en son faîte d’un arc tronqué, et puis de deux cônes comme de gros cornets de glace. Quand on entre, elle vous submerge de légèreté efflorescente, surtout la grande coupole en tons pastels, rose très pâle et un bleu qui est peut-être un gris très pâle, bien que il semble y avoir deux tonalités une légèrement plus pâle que l’autre, ce qui ferait pencher pour un bleu évanescent et un gris opale. Tout cela nageant au milieu d’une profusion de décorations blanc laiteuses, de petits anges, de fleurs, de feuilles, de médaillons, le tout en abondance mais sans lasser sans écraser, aérés par la quasi transparence des couleurs. Nous sommes arrivés hier dans la nuit noire dans ce monastère qui nous héberge. Le silence est impressionnant, à la mesure des lieux, dans le cloître désert, devant la massive porte aux boutons de cuivre dorés qui sonnent un improbable réceptionniste, dans le vaste hall à l’escalier monumental, qu’on ne sait pas où il faut se diriger. Puis reprendre le patio en suivant note hôte, ouvrir une autre porte massive et grandiose, s’avancer incrédules sans bien comprendre s’il s’agit d’un autre vestibule, pour un autre accès à une autre partie de l’immense édifice. Mais non, c’est notre chambre, vaste plafond courbée en stucs médaillés, lit à baldaquin, salle de bal. Cherasco est rococo, dans la plus pure tradition du XVIIème siècle. On s’y promène comme dans un décor de théâtre et pour y entrer d’abord, il faut franchir la belle arche aux trois madones qui sur le ciel découpées, vous ouvre la ville comme une scène.